«Des queues d’une à deux heures» : Ryanair réclame à la France une pause sur les contrôles biométriques cet été

30 avril 2026

«Des queues d’une à deux heures» : Ryanair réclame à la France une pause sur les contrôles biométriques cet été

Le vieux tampon sur le passeport n’a peut-être pas dit son dernier mot. Trois semaines après l’entrée en phase pleinement opérationnelle du nouveau système européen d’entrée-sortie, l’EES, Ryanair demande à la France de suspendre pendant l’été les contrôles biométriques imposés aux voyageurs entrant dans l’Union européenne.

Dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, la compagnie irlandaise réclame un retour provisoire au tampon manuel jusqu’en septembre. En cause, selon elle : des files d’attente qui dépasseraient déjà «une ou deux heures» dans plusieurs aéroports français, notamment Beauvais, Marseille et Nantes. «Un manque de personnel et des défaillances du système continuent à occasionner des perturbations inutiles pour nos passagers», déplore la compagnie dans un communiqué transmis jeudi.

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Un système censé fluidifier les contrôles

Depuis le 10 avril, l’EES, pour Entry/Exit System, a remplacé le tampon manuel des passeports aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Le dispositif concerne les ressortissants de pays tiers en court séjour, notamment les Britanniques depuis le Brexit. Il enregistre numériquement les entrées et sorties, les données du passeport, l’image faciale et, sauf exception, les empreintes digitales.

Sur le papier, la promesse est connue : des frontières plus modernes, plus sûres et, à terme, plus fluides. Dans les terminaux, le démarrage prend parfois une autre tournure. Comme Le Figaro l’écrivait dès le 16 avril, quelques minutes supplémentaires par passager suffisent, aux heures de pointe, à gripper toute la chaîne : contrôle frontalier ralenti, correspondances compromises, embarquements sous tension, voire avions partis sans une partie de leurs passagers.

Ryanair met la pression avant les grands départs

Ryanair, qui ne manque jamais une occasion de dénoncer les ratés opérationnels ou réglementaires touchant ses vols, choisit donc le moment le plus sensible pour faire pression. L’été approche, les aéroports régionaux se préparent aux premiers grands flux, et la compagnie à bas coût craint de voir les files s’allonger encore avec les départs en vacances.

«Les gouvernements dans toute l’Europe tentent de mettre en service un système informatique mal fichu en pleine saison haute des voyages, et les passagers en paient le prix», attaque Neal McMahon, directeur des opérations de Ryanair. La compagnie cite l’exemple de la Grèce, qui a assoupli les contrôles biométriques pour certains voyageurs afin d’éviter l’embouteillage avant la haute saison.

Cette demande n’arrive pas dans un ciel serein. Le gestionnaire des aéroports parisiens Groupe ADP avait déjà estimé, en février, que le système ne serait pas entièrement opérationnel à temps et plaidait pour une mise en œuvre décalée après l’été. Le mois suivant, l’Union des aéroports français avait exprimé des craintes similaires.

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Le test de vérité de l’été

Le dossier dépasse le seul cas Ryanair. Car l’EES ne change pas seulement la manière dont l’Europe contrôle ses frontières ; il modifie très concrètement le parcours passager. Pour les voyageurs non européens, le passage au poste-frontière devient une étape plus lourde lors du premier enregistrement : photo, empreintes, validation du dossier, puis contrôles ultérieurs plus rapides en théorie.

Reste la réalité des aéroports : vagues d’arrivées concentrées, bornes parfois insuffisantes, personnels en rodage, familles chargées de valises et marges de sécurité déjà réduites. Dans ce contexte, le moindre ralentissement devient vite un problème de transport aérien, pas seulement une formalité administrative.

Pour l’heure, la France n’a pas annoncé de pause estivale. Mais la question est désormais posée publiquement : faut-il maintenir coûte que coûte un dispositif européen encore en rodage au risque d’en faire payer la facture aux passagers ? Ou revenir provisoirement à une méthode plus ancienne, moins technologique, mais plus prévisible ? À quelques semaines des grands départs, l’EES s’apprête à passer son vrai test de résistance. Et les voyageurs, eux, savent déjà qu’il faudra arriver plus tôt à l’aéroport.

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Source: www.lefigaro.fr

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The World Dispatch

Source: World News API

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