Énergie. « + 317 euros par an d'ici 2030 » : pourquoi la facture de gaz va exploser ces prochaines ...

30 avril 2026

Énergie. « + 317 euros par an d'ici 2030 » : pourquoi la facture de gaz va exploser ces prochaines ...

À l'avenir, le coût d'entretien du réseau gazier sera partagée par de moins en moins de consommateurs, avec en première ligne les ménages les plus modestes.

Une étude du Bureau européen des unions de consommateurs anticipe un scénario noir pour la facture de gaz des Français. En effet, à l'avenir, le coût d'entretien du réseau gazier sera partagée par de moins en moins de consommateurs, avec en première ligne les ménages les plus modestes.

L'étude prévoit une augmentation des prix du gaz de 53% d'ici 2030, en raison de la hausse des redevances de réseau et des taxes carbone. Photo d'illustration Sipa/Mourad Allili

Une addition de plus en plus salée ! Les prix du gaz devraient exploser en France dans les prochaines décennies. C’est du moins la conclusion d’une étude du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), en collaboration avec l'association Consommation, Logement, Cadre de vie ( CLCV ), Que Choisir Ensemble et l'association de consommateurs espagnole Cecu.

En se focalisant sur la France et l’Espagne, le BEUC a analysé l’évolution du réseau gazier et avance l’hypothèse d’une augmentation de 317 euros sur la facture annuelle de gaz dans l’Hexagone d’ici 2030 et une hausse de 140 euros d’ici 2040, et de 178 euros d’ici 2050, chez notre voisin ibérique.

Ces projections ont été réalisées à partir des prix actuels du gaz, des données publiées en France par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) et par GRDF, principal acteur de la distribution du gaz en France, ainsi que des chiffres de la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC) espagnole, qui s'occupe de la régulation de l'énergie.

Mais alors comment expliquer une telle explosion de la facture ? En premier lieu, l’étude constate en premier une baisse de la demande dans les deux pays. En France, celle-ci s’explique à la fois par une baisse du nombre de clients connectés au réseau gazier (qui privilégient un autre système de chauffage) mais également par la baisse de la consommation moyenne par foyer. « Entre 2021 et 2027, le nombre de clients devrait diminuer d’environ 8 %, tandis que l’usage moyen par client devrait décliner de 10 à 12 % […] », précise l’étude.

Or, de notre côté des Pyrénées, les coûts inhérents à l’entretien du réseau sont fixes, et donc « économiquement, la baisse de la demande de gaz crée un défi classique de recouvrement des coûts pour les réseaux à coûts fixes élevés ». Autrement dit, au fur et à mesure de la transition énergétique et du passage à des solutions de chauffage plus respectueuses de l'environnement, le coût de l'entretien du réseau gaz déjà existant sera partagé entre moins de consommateurs et sera donc plus élevé par foyer.

À lire aussi : Énergie. Logement, transports… ces 20 chantiers prioritaires pour décarboner la France, selon le Shift Project

Le BEUC prévoit « une augmentation des prix de 53% [due à la hausse des redevances de réseau et des taxes carbone] et à une baisse de 61% de la consommation d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2024. » Les charges liées à l'entretien du réseau représentent à elles seules 27% de la hausse. Mais ce qui pose fondamentalement problème, c’est que ce scénario va profondément accentuer les inégalités. En effet, ce sont les consommateurs les plus vulnérables, n’ayant pas la possibilité de modifier leur système de chauffage, qui « seront disproportionnellement affectés par la hausse des coûts de réseau », expliquent les auteurs.

C’est pourquoi ils préconisent plusieurs solutions en faveur des consommateurs comme « éviter les conceptions tarifaires qui déplacent les coûts de l’élimination progressive du gaz sur les ménages restants », « initier des campagnes d'information pour améliorer la sensibilisation et l'autonomisation des consommateurs, avec des feuilles de route détaillant le calendrier et les étapes du processus de mise hors service ou de réaffectation », ou encore des aides ciblées aux plus vulnérables, par exemple en facilitant « l’accès à des prêts équitables pour l'achat et l'installation d'équipements économes en énergie ».

À lire aussi : Vie quotidienne. Impôts, téléphone au volant, prix du gaz... Tout ce qui change à partir du 1er mai

Interrogé au sujet de l’étude, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon , a critiqué la crédibilité des travaux du BEUC, estimant « impossible » d’« anticiper quelle sera l'évolution du marché du gaz à horizon 3, 4, 5 ans ». L’exécutif a toutefois présente, jeudi 23 avril, un plan d’électrification de l’économie d’ici 2030 et 2035 de 22 mesures, prévoyant de réduire la part des énergies fossiles dans la consommation à 40 % dans 4 ans. À l'occasion du sommet international de Santa Marta en Colombie mardi dernier, la France a également explicité sa feuille de route de sortie des énergies fossiles et entend, concernant le gaz développer les pompes à chaleur et améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments par la rénovation. Sur les bâtiments tertiaires, elle prévoit la réduction de 85% des chaudières au fioul et une baisse de 60% dans les logements primaires à l'horizon de 2030. Dans les bâtiments neufs, il ne sera plus possible d'installer des chaudières à gaz dès la fin de cette année.

Source: www.republicain-lorrain.fr

Publication

The World Dispatch

Source: World News API

Keywords: politics