C'est quoi le Koh-i-Noor, ce diamant "maudit" que le maire de New York demande à Charles III de rendre à l'Inde ?
30 avril 2026

[VIDÉO] ▶️ Zohran Mamdani a appelé mercredi le roi Charles III à restituer le célèbre diamant Koh-i-Noor, réclamé de longue date par l'Inde. La pierre de 105,6 carats, exposée à la Tour de Londres, est réputée porter bonheur aux femmes et malheur aux hommes. Son histoire, mêlant conquêtes, trahisons et controverses coloniales, en fait l'un des joyaux les plus disputés au monde. - C'est quoi le Koh-i-Noor, ce diamant "maudit" que le maire de New York demande à Charles III de rendre à l'Inde ? (International).
C'est une demande surprenante, qui tranche avec l'actualité internationale du moment. Mercredi 29 avril à New York, le maire Zohran Mamdani a déclaré, avant de rencontrer Charles III (nouvelle fenêtre) au mémorial du 11-Septembre, qu’il "encouragerait probablement" le souverain britannique à "rendre le diamant Koh-i-Noor" . On ignore si le sujet a effectivement été abordé lors de leur entretien, mais la saillie de l'édile new-yorkais a le mérite de remettre sous les projecteurs l’une des histoires les plus rocambolesques de la joaillerie.
Le Koh-i-Noor, "montagne de lumière" , en persan, est une pierre de 105,6 carats aujourd’hui exposée à la Tour de Londres, où elle orne la couronne de la reine. Sa réputation dépasse largement sa valeur marchande, estimée à 170 millions d’euros : selon la légende, il porterait bonheur aux femmes et malheur aux hommes, et ne pourrait être arboré que "par un dieu ou une reine" . La reine Camilla avait d’ailleurs choisi de ne pas le porter lors du couronnement de Charles III en 2023.
D'autant que l’origine exacte du diamant reste disputée. Découvert dans les mines de Golconde (Inde actuelle) au XVIIe siècle, il aurait appartenu à l’empire moghol avant d’être volé par le shah de Perse lors du sac de Delhi en 1739, puis de passer entre les mains des rois d’Afghanistan, avant d’atterrir dans le trésor des maharadjahs sikhs du Pendjab, dont l'empire s'étendait sur une large partie de l'est du Pakistan et du nord-ouest de l'Inde. C’est là que les Britanniques ont finalement mis la main dessus. Officiellement, le diamant a été "offert" à la reine Victoria en 1850 par Dhulîp Singh, dernier souverain de l'empire sikh.
Sauf que le maharadjah, qui n’avait alors que 11 ans, venait d’être détrôné par les Britanniques, et que sa mère régente croupissait en prison. Retaillé à Amsterdam à la demande du prince consort Albert, le diamant passe alors de 186 à 105 carats et intègre les joyaux de la couronne. Depuis, la reine Victoria, les reines Alexandra, Mary et Elizabeth la reine mère l’ont successivement porté.
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Mais depuis son indépendance en 1947, l'Inde ne cesse de réclamer sa restitution, sans succès. L’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan en revendiquent également la propriété. Côté britannique, la réponse a longtemps été sans appel : en 2010, l’ancien Premier ministre David Cameron avait ironisé sur sa potentielle restitution : "Si vous acceptez une telle proposition, vous vous retrouverez soudain avec le British Museum vide."
Les propos du maire de New York ce mercredi n’ont pas tardé à provoquer des réactions. Zia Yusuf, porte-parole du parti anti-immigration Reform UK, actuellement en tête des sondages britanniques, les a qualifiés "d’insulte à notre Roi" . Charles III, quant à lui, n’a pour l'heure toujours pas commenté.
Source: www.tf1info.fr