Frais universitaires plus élevés pour les étudiants étrangers : les syndicats appellent à manifester le 12 mai

30 avril 2026

Frais universitaires plus élevés pour les étudiants étrangers : les syndicats appellent à manifester le 12 mai

Le gouvernement, dans son plan « Choose France For Higher Education », veut faire appliquer strictement des frais majorés aux étudiants européens dès la rentrée, soit environ 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre des montants bien inférieurs actuellement.

Ils dénoncent « une mesure non seulement xénophobe, mais aussi profondément incohérente ». Les organisations étudiantes et syndicats de l’enseignement supérieur ont appelé ce jeudi à manifester le 12 mai partout en France pour s’opposer à « toute hausse des frais d’inscription », face à la volonté du gouvernement de faire appliquer des droits différenciés pour les étudiants extracommunautaires.

La Fage, l’Unef, l’Union étudiante, la CFDT, la FSU, la CGT, Sud, FO et l’Unsa notamment appellent dans un communiqué commun à « manifester massivement » à Paris et devant les établissements et les rectorats pour « maintenir les possibilités d’exonérations des frais d’inscription » pour ces étudiants.

Dans le cadre d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education », le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé le 20 avril vouloir faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises, instaurés en 2019 mais jusqu’ici peu effectifs.

« Une logique purement économique »

Concrètement, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne seront appelés à la rentrée à s’acquitter de droits d’inscription fixés à 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui, et 3 941 euros en master, contre 254 euros.

Les organisations syndicales dénoncent une mesure « qui ira à l’encontre de l’objectif d’attractivité affiché comme caution par le gouvernement ».

« Cette mesure rentre dans une logique purement économique de l’Enseignement supérieur, voyant les étudiant.es extracommunautaires et les frais d’inscription comme une ressource supplémentaire pour pallier le manque de moyens donnés à l’université », ajoutent-ils.

Seuls une quinzaine d’établissements sur les 78 recensés par Campus France appliquent aujourd’hui complètement les frais majorés.

« Diminution des possibilités d’exonérations »

Résultat : en 2024/2025, seuls 10 % des quelque 111 500 étudiants extracommunautaires se sont acquittés des droits d’inscription différenciés à taux plein, selon le service statistique (SIES) du ministère. À partir de la rentrée, les universités pourront exonérer seulement 10 % de leurs étudiants extracommunautaires.

« La diminution des possibilités d’exonérations prévue par le texte pour les étudiants étrangers qui sont en mesure d’acquitter les droits différenciés a pour objet de permettre aux établissements de recueillir les fonds suffisants notamment pour aider les étudiants qui en ont vraiment besoin », justifie le ministère dans la présentation du projet de décret, consultée par l’AFP.

Selon ce document, le projet de décret « respecte le principe de modicité des coûts de l’enseignement supérieur public » et « les possibilités d’exonération, si elles sont encadrées de manière plus stricte, restent importantes ».

Source: www.leparisien.fr

Publication

The World Dispatch

Source: World News API

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