Bras de fer dans le Golfe : Trump maintient le blocus de l'Iran
17 avril 2026
L'Iran a déclaré le détroit d'Hormuz « ouvert », mais le président Trump maintient le blocus naval américain. La tension monte dans le golfe Persique. La région est au bord de la crise.
Le blocus naval américain de l'Iran est entré dans son cinquième jour. Cela crée un face-à-face tendu dans le golfe Persique. Le président Donald Trump a déclaré que le blocus resterait en place jusqu'à la conclusion d'un accord global avec Téhéran. Le blocus, qui a commencé le lundi 13 avril, a stoppé tout le commerce maritime à destination et en provenance des ports iraniens. Le commandement central américain a indiqué que ses forces avaient déjà refoulé plus de 20 navires commerciaux sans aucun incident. L'administration Trump présente cette mesure comme un moyen de pression économique pour forcer des concessions diplomatiques. Mais les responsables iraniens menacent de fermer à nouveau le détroit stratégique d'Hormuz si le blocus n'est pas levé.
Cette opération navale est la dernière escalade d'un conflit qui a commencé le 28 février. Des frappes aériennes conjointes américano-israéliennes avaient alors visé des sites militaires et gouvernementaux iraniens. En représailles, l'Iran a mené des frappes et a perturbé le trafic maritime dans le détroit d'Hormuz, une artère vitale pour le commerce mondial du pétrole. Le Pakistan a négocié un fragile cessez-le-feu de deux semaines à partir du 8 avril. Cependant, les négociations qui ont suivi à Islamabad ont échoué. Le président Trump a donc ordonné le blocus pour forcer Téhéran à revenir à la table des négociations, selon les conditions américaines, notamment sur son programme nucléaire.
Le blocus a suscité des réactions internationales mitigées et inquiètes. L'Iran a annoncé vendredi qu'il rouvrirait complètement le détroit d'Hormuz au trafic commercial, à condition qu'un cessez-le-feu distinct soit respecté au Liban. Cependant, ses propres dirigeants ont envoyé des messages contradictoires. La ligne dure du Corps des Gardiens de la révolution islamique et du parlement iranien a averti que le détroit ne resterait pas ouvert sous la contrainte d'un blocus américain. Ils qualifient l'action américaine de violation du cessez-le-feu en vigueur. Les principaux alliés européens des États-Unis ont exprimé leur malaise, tandis que des puissances régionales comme l'Arabie saoudite craignent une nouvelle escalade. La Chine, grand importateur de pétrole iranien, a mis en garde contre des actions unilatérales qui bousculent les normes maritimes internationales.
Les conséquences économiques et humanitaires sont importantes et de grande envergure. On estime que le blocus coûte à l'Iran plus de 400 millions de dollars par jour. Il étrangle une économie où plus de 90 % du commerce dépend du transport maritime. L'ensemble du conflit a déjà provoqué de graves perturbations dans l'approvisionnement mondial en énergie, entraînant une flambée des prix et alimentant les craintes d'une nouvelle récession mondiale. Des organisations humanitaires ont averti que la perturbation du commerce, y compris des denrées alimentaires et des médicaments, pourrait provoquer une crise pour la population civile en Iran. Elle pourrait aussi déstabiliser les pays voisins du Golfe, qui dépendent des importations transitant par le détroit.
Le cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l'Iran doit expirer le 22 avril. La région se prépare à la suite des événements. Le président Trump s'est dit confiant qu'un accord peut être trouvé rapidement. Il a même suggéré que les pourparlers pourraient reprendre ce week-end. Mais il a aussi menacé de reprendre les actions militaires si ses exigences n'étaient pas satisfaites. Ce face-à-face a créé une situation périlleuse. L'énorme pression économique du blocus pourrait soit mener à une percée diplomatique, soit provoquer une erreur de calcul qui plongerait cette région instable dans un conflit bien plus large et destructeur.
Source: nytimes