La Rochelle : zizanie autour des caravanes installeÌes aÌ€ Chef-de-Baie
17 avril 2026
Plusieurs dizaines de véhicules et de caravanes se sont arrêtées sur des terrains qui appartiennent à la Chambre de commerce et d’industrie et au port de pêche. La communauté d’agglomération se déclare
La tension est de nouveau palpable à La Rochelle, où l'installation de plusieurs dizaines de caravanes dans le secteur de Chef-de-Baie ravive un débat complexe et récurrent. Arrivé il y a quelques jours, le convoi s'est établi sur des terrains privés appartenant notamment au port de pêche et à la Chambre de commerce et d'industrie, sans autorisation préalable. Cette situation fait suite à une évacuation menée le 15 avril dans la zone industrielle de Périgny, où près de 150 caravanes avaient été délogées par les forces de l'ordre après une occupation de parkings privés. Le déplacement du campement vers Chef-de-Baie, un secteur stratégique et sensible de l'agglomération, a immédiatement provoqué des réactions mitigées.
Ce phénomène d'installations illicites n'est pas nouveau pour l'agglomération rochelaise. Il illustre les difficultés persistantes à concilier le mode de vie itinérant des gens du voyage et les impératifs de la gestion du territoire. L'Agglomération de La Rochelle dispose de huit aires d'accueil officielles, mais celles-ci sont souvent jugées insuffisantes ou inadaptées, notamment pour les grands passages de groupes comptant de nombreuses familles. Le schéma départemental d'accueil 2025-2030 a d'ailleurs acté le besoin de nouvelles aires, reconnaissant une carence qui contraint régulièrement les autorités et les voyageurs à des solutions précaires et conflictuelles.
Du côté des autorités locales, le sentiment d'impuissance domine. La Communauté d'agglomération, actuellement dans une période de transition post-électorale, se trouve limitée dans sa capacité d'intervention rapide. Des élus réclament des solutions temporaires et sécurisées, comme la mise en place de branchements électriques pour le campement afin d'éviter les risques et de calmer les inquiétudes des professionnels du port de Chef-de-Baie, où des travaux d'extension importants sont prévus pour 2026. La préfecture, de son côté, est sollicitée pour trouver des terrains de repli et pour faire appliquer les décisions de justice lorsque les propriétaires des terrains occupés demandent l'expulsion.
Pour les familles de voyageurs, s'installer sur ces terrains non prévus à cet effet est souvent présenté comme une nécessité, faute de solutions d'accueil réglementées disponibles ou adaptées à la taille de leur groupe. Le dialogue entre leurs représentants et les pouvoirs publics est un enjeu constant, oscillant entre négociation et rapport de force. Les voyageurs soulignent régulièrement le manque d'aires de grand passage qui les contraint, selon eux, à ces occupations temporaires pour poursuivre leurs activités économiques ou leurs missions évangéliques.
L'avenir immédiat de la situation à Chef-de-Baie reste incertain. Une procédure d'expulsion pourrait être lancée par les propriétaires des parcelles, menant à une nouvelle intervention des forces de l'ordre et à un déplacement du problème. À plus long terme, la résolution de ces tensions passera inévitablement par la création des aires de grand, moyen et petit passages prévues par le schéma départemental. Ce projet, bien que validé sur le papier, se heurte cependant à des difficultés de mise en œuvre, notamment pour trouver des sites qui soient à la fois appropriés et acceptés par les communes et leurs habitants, un défi que La Rochelle partage avec de nombreuses agglomérations en France.
Source: sudouest