Mont-de-Marsan Agglo. « La trajectoire n’est pas bonne » : l’heure des choix pour le premier débat d’orientations budgétaires de l’ère Dutin
17 avril 2026
À l’occasion du débat d’orientations budgétaires, le président Frédéric Dutin a dressé le portrait d’une agglomération aux comptes redressés, mais confrontée à une fragilité structurelle qui pourrait peser
L'heure est à la lucidité pour la nouvelle présidence de Mont-de-Marsan Agglomération. Lors du premier débat d'orientations budgétaires de son mandat, qui s'est tenu ce mercredi 15 avril 2026, le nouveau président Frédéric Dutin a dressé un portrait sans concession de la situation financière de la collectivité. Tout en reconnaissant un assainissement des comptes, il a mis en garde les élus communautaires : « la trajectoire n’est pas bonne ». Cet avertissement a posé le cadre d'un mandat qui s'ouvre sous le signe de la prudence et de la nécessité de faire des choix difficiles pour garantir l'avenir.
Élu à la tête de l'agglomération le 7 avril dernier, Frédéric Dutin a profité de cet exercice budgétaire pour livrer sa propre analyse, loin des discours de campagne. Il a présenté une collectivité aux finances en apparence redressées, mais qui souffre d'une « fragilité structurelle » qui pourrait peser lourdement sur les années à venir. Le nouveau président n'a pas cherché à enjoliver la réalité, décrivant une situation qui, bien que stabilisée, n'est pas à l'abri de turbulences futures. Cette prise de parole était particulièrement attendue, car elle devait clarifier l'état réel des finances après des mois d'interrogations et de débats politiques tendus durant la précédente mandature.
Le bilan financier hérité présente en effet plusieurs facettes. D'un côté, des signaux positifs sont visibles, notamment une maîtrise de la progression des dépenses de fonctionnement sous le mandat 2020-2026. Plus spectaculaire encore, la dette du budget principal a connu une décrue inédite, passant de 67,4 à 58,2 millions d'euros. Cependant, le président a tenu à nuancer cette amélioration en rappelant que le passage des régies de l'eau et de l'assainissement en Établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) en 2024 a permis de sortir mécaniquement 31,9 millions d'euros de dette du périmètre consolidé.
Face à ce constat, la nouvelle équipe dirigeante estime que des décisions courageuses devront être prises pour corriger la trajectoire. Le vice-président Alain Baché a ainsi plaidé pour une réévaluation de l'ensemble des compétences exercées par l'agglomération, estimant que l'organisation actuelle avait « fait exploser la dépense de fonctionnement ». Cette remise à plat des missions et des services constitue l'une des pistes explorées pour dégager de nouvelles marges de manœuvre et assurer la pérennité financière de l'intercommunalité sans recourir à une augmentation de la pression fiscale.
Ce débat d'orientation budgétaire marque donc une rupture de style et de méthode. Frédéric Dutin, qui avait fait campagne sur les thèmes de l'apaisement et de l'assainissement, entend tourner la page des affrontements passés pour construire une vision collective. En posant un diagnostic direct sur les défis à venir, il appelle les élus des 18 communes à une prise de conscience partagée. Les prochains mois seront décisifs pour traduire cette nouvelle orientation politique en arbitrages budgétaires concrets, qui façonneront l'avenir du territoire et de ses services aux habitants.
Source: sudouest