Perte de poids : une étude remet en cause le rôle des médicaments comme l’Ozempic

17 avril 2026

Une nouvelle recherche bouscule le monde des traitements pour la perte de poids. Des scientifiques ont testé un traitement expérimental qui fonctionne sans cibler l'hormone de l'Ozempic. Cette approche pourrait mener à des médicaments plus efficaces et mieux tolérés.

Dans le domaine du traitement de l'obésité, qui évolue très vite, une nouvelle recherche remet en question le rôle central des populaires médicaments de la classe GLP-1. L'étude suggère qu'une perte de poids importante est possible sans cibler l'hormone qui a rendu célèbres des médicaments comme l'Ozempic et le Wegovy. Une étude publiée cette semaine dans la revue *Molecular Metabolism* décrit un médicament expérimental. Ce médicament a provoqué une perte de poids importante chez des animaux en activant deux autres hormones intestinales, le GIP et le glucagon. Il évite complètement le récepteur GLP-1, sur lequel reposent les médicaments à succès actuels. Cette découverte ouvre un nouveau chapitre dans la recherche de solutions efficaces et bien tolérées pour gérer son poids.

L'essor des agonistes du récepteur GLP-1 a marqué la médecine ces dernières années. Développés à l'origine pour le diabète de type 2, ces médicaments injectables imitent une hormone naturelle. Cette hormone ralentit la digestion, coupe la faim et aide à contrôler la glycémie. Leur succès sans précédent pour faire perdre 15 % du poids corporel ou plus a créé une demande énorme. Ils sont devenus certains des médicaments les plus vendus de l'histoire. Cependant, leur utilisation présente des défis. Les patients souffrent souvent d'effets secondaires gastro-intestinaux importants, comme des nausées et des vomissements. De plus, leur coût élevé, qui dépasse souvent 1 000 dollars par mois, les rend inaccessibles pour beaucoup de gens. Enfin, la plupart des patients reprennent le poids perdu s'ils arrêtent le traitement, ce qui soulève des questions sur une dépendance à vie.

La nouvelle recherche, menée par des scientifiques de l'Université de l'Indiana, a été surnommée l'approche de l'« addition par soustraction ». Au lieu d'inclure un composant GLP-1, leur molécule expérimentale se concentre uniquement sur les récepteurs du GIP et du glucagon. Dans des études sur des souris, des rats et des singes, ce médicament à double hormone a entraîné une perte de poids égale ou supérieure à celle des traitements actuels, selon la dose. Point crucial : les animaux de l'étude semblaient bien tolérer de fortes doses du nouveau médicament. Ils n'ont pas montré les signes de malaise ou de nausée souvent observés avec les thérapies à base de GLP-1. Ces résultats suggèrent que les deux hormones pourraient agir ensemble pour réduire l'appétit et peut-être augmenter la dépense énergétique du corps.

Ces découvertes ont des implications importantes pour l'avenir du traitement de l'obésité. Si les résultats se confirment lors d'essais sur des humains, cela pourrait mener à une nouvelle classe de médicaments pour la perte de poids. Ces médicaments auraient un meilleur profil d'effets secondaires. Les entreprises pharmaceutiques explorent déjà des approches multi-hormonales. Mais c'est la première grande étude qui suggère que le composant GLP-1 n'est peut-être pas nécessaire pour un effet puissant. Cela pourrait décentrer l'hormone qui a été l'unique centre d'intérêt du développement de médicaments. La voie serait alors ouverte à des thérapies plus nuancées, adaptées aux besoins et à la tolérance de chaque patient. Une question clé pour les futures études sera de savoir si un médicament sans GLP-1 peut reproduire les bienfaits pour la santé cardiovasculaire prouvés avec certains médicaments existants.

Le chemin est long et incertain entre des études prometteuses sur les animaux et un médicament approuvé pour les humains. La prochaine étape sera de passer à des essais cliniques de phase précoce sur l'homme. Ces essais évalueront la sécurité et l'efficacité du traitement. Les médicaments GLP-1 ont radicalement changé le débat sur l'obésité. Mais cette nouvelle recherche montre que l'histoire de la médecine métabolique n'est pas encore terminée. La communauté scientifique regarde maintenant au-delà d'une seule voie hormonale. Cela annonce un virage potentiel vers une nouvelle génération de traitements, qui pourraient offrir de l'espoir à un plus grand nombre de patients luttant contre l'obésité.

Source: usnews

Publication

The World Dispatch

Source: World News API