"Il y a une chance sur deux pour qu’il finisse au sol" : ces motards en colère tirent la sonnette d’alarme face à l’état des routes du Lot
17 avril 2026
La mortaliteÌ sur les routes inquieÌ€te la feÌdeÌration des motards en coleÌ€re du Lot. Ces derniers deÌnoncent une deÌgradation de la chausseÌe. Leur mission exemplaire : sensibiliser les jeunes aux dangers de la route.
La grogne monte chez les usagers de deux-roues dans le département du Lot. Face à une dégradation jugée alarmante de l'état des routes, les motards, par la voix de leurs associations, tirent la sonnette d’alarme. La formule est choc mais résume leur exaspération et leur sentiment d'insécurité : sur certaines portions, un motard aurait « une chance sur deux de finir au sol ». Cette déclaration illustre le danger quotidien représenté par les nids-de-poule, les fissures et le gravier non balayé qui parsèment le réseau secondaire. Pour ces conducteurs particulièrement vulnérables, chaque trajet est devenu une épreuve où l'anticipation et la vigilance sont poussées à leur paroxysme.
Le problème ne date pas d'hier, mais il semble s'être accentué, poussant les associations comme la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) à multiplier les actions. Récemment, une opération nationale baptisée « Nids de Poule » a été organisée pour marquer les déformations de la chaussée de manière visible afin d'alerter les pouvoirs publics et les autres usagers. Pour les motocyclistes, une chaussée dégradée n'est pas un simple inconfort ; c'est une menace directe. Un trou soudain ou une plaque de gravillons dans un virage peut facilement provoquer une perte de contrôle, avec des conséquences potentiellement dramatiques. Les représentants des motards soulignent que l'état des infrastructures est une cause majeure d'accidents, un facteur de risque bien plus significatif, selon eux, que l'état technique des véhicules eux-mêmes.
La responsabilité de l'entretien des 4 000 kilomètres de routes départementales incombe au Conseil départemental du Lot. L'institution doit gérer l'un des plus vastes réseaux de France par rapport à son nombre d'habitants, ce qui représente un défi logistique et financier considérable. Le budget voté en 2024, s'élevant à plus de 288 millions d'euros, doit couvrir l'ensemble des compétences du département, des actions sociales à l'entretien des infrastructures. Bien que des projets de rénovation et de sécurisation soient régulièrement menés, comme sur les déviations de Vayrac ou l'aménagement de la RD 653, les motards estiment que l'entretien courant est insuffisant pour garantir la sécurité sur la totalité du réseau.
Face à cette situation, le dialogue entre les usagers et les autorités est tendu. Les motards, via la FFMC 46, demandent à être davantage associés aux décisions concernant les infrastructures routières et réclament que des budgets concrets soient alloués à la remise en état des chaussées. Ils rappellent que la sécurité routière ne doit pas uniquement reposer sur la formation ou le comportement des conducteurs, mais aussi sur un environnement de conduite sûr pour tous. Le mauvais état des routes a également des conséquences sur l'attractivité touristique du Lot, une région très appréciée des amateurs de balades à moto qui pourraient se détourner vers des destinations mieux entretenues.
Pour l'heure, les actions symboliques se poursuivent dans l'espoir d'une prise de conscience et d'une réaction rapide des gestionnaires de voirie. Les motards préviennent que si la situation n'évolue pas, leur colère pourrait se traduire par des mobilisations de plus grande ampleur. Ils attendent un plan d'action clair et un calendrier précis pour la réfection des tronçons les plus dangereux. Sans investissements significatifs dans l'entretien du patrimoine routier, la peur de la chute continuera de hanter chaque virée sur les routes du département, transformant le plaisir de conduire en une angoissante prise de risque.
Source: ladepeche