Hors Moyen-Orient, le conflit en Iran aura des «conséquences humaines sévères» alerte le FMI
16 avril 2026
Des responsables du FMI ont exprimeÌ jeudi leur inquieÌtude sur les conseÌquences de la guerre au Moyen-Orient
Le Fonds Monétaire International (FMI) a lancé un avertissement sévère concernant les répercussions mondiales du conflit en Iran, qui a débuté le 28 février 2026. Lors des réunions de printemps à Washington, l'institution a souligné que les conséquences dépasseront largement le cadre géographique du Moyen-Orient, entraînant des impacts humains et économiques significatifs à l'échelle planétaire. Le déclenchement des hostilités, marqué par des frappes sur le territoire iranien, a provoqué une onde de choc sur une économie mondiale qui montrait à peine des signes de reprise après les crises précédentes.
L'une des conséquences les plus immédiates et les plus graves est la perturbation du commerce énergétique. Le blocus partiel du détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour le transport d'hydrocarbures, a déjà amputé l'offre mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cette raréfaction a entraîné une flambée des prix de l'énergie, alimentant une inflation mondiale que le FMI estime désormais à 4,4% pour 2026. Cette hausse généralisée des prix menace de freiner la consommation, de compliquer la tâche des banques centrales et d'éroder le pouvoir d'achat des ménages partout dans le monde, touchant de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables.
Au-delà de l'impact purement économique, le FMI alerte sur le risque d'une crise humanitaire majeure. La directrice générale de l'institution, Kristalina Georgieva, a mis en garde contre la possibilité que 45 millions de personnes supplémentaires basculent dans l'insécurité alimentaire. La hausse des coûts de l'énergie se répercute en effet sur les prix des denrées alimentaires et des engrais, créant une menace directe pour la sécurité alimentaire des pays les plus pauvres, qui sont souvent importateurs nets de ces produits. Ce choc pourrait anéantir des années de progrès en matière de lutte contre la faim et la pauvreté.
Face à cette situation, le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, les ramenant de 3,3% à 3,1%. Ce chiffre, qui peut paraître modeste, représente en réalité une perte de richesse produite de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les économistes du Fonds ont présenté plusieurs scénarios, soulignant que la sévérité de l'impact dépendra de la durée du conflit. Un scénario de référence table sur une guerre courte avec une perturbation temporaire des marchés, mais même dans ce cas, les dommages sur les infrastructures et les chaînes d'approvisionnement laisseront des traces durables.
Alors que la communauté internationale observe avec inquiétude l'évolution de la situation, des efforts diplomatiques sont en cours pour tenter de contenir l'escalade et de parvenir à une désescalade, comme en témoignent les pourparlers pour un cessez-le-feu au Liban. Le FMI, pour sa part, conseille aux gouvernements de faire preuve de prudence dans leurs réponses budgétaires, en privilégiant des aides ciblées et temporaires pour soutenir les ménages et les entreprises touchés, afin de ne pas exacerber les pressions inflationnistes et la dette publique déjà à des niveaux historiquement élevés. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si l'économie mondiale parviendra à absorber ce nouveau choc ou si elle s'enfoncera dans une période d'instabilité prolongée.
Source: journaldemontreal