VIDEO Liban : Donald Trump affirme que le cessez-le-feu « incluera le Hezbollah »
16 avril 2026
Ce cessez-le-feu de dix jours, qui doit entrer en vigueur aÌ€ partir de 23 heures (heure de Paris), avait eÌteÌ annonceÌ par le preÌsident ameÌricain quelques heures plus toÌ‚t.
Dans une déclaration qui a surpris de nombreux observateurs, l'ancien président américain Donald Trump a annoncé le 16 avril 2026 un accord de cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël. De manière significative, il a précisé que cette trêve « incluera le Hezbollah », une formulation qui reconnaît de fait le rôle incontournable du mouvement pro-iranien dans le conflit qui secoue la frontière nord d'Israël. L'annonce, faite sur sa plateforme Truth Social, a suivi les premières discussions directes entre des représentants libanais et israéliens à Washington, une rencontre inédite depuis des décennies. Ce fragile arrêt des combats a débuté le soir même, dans un contexte de tensions régionales exacerbées et après des semaines d'affrontements meurtriers.
La genèse de cette trêve s'inscrit dans une escalade de la violence débutée en mars 2026, elle-même une reprise des hostilités après la rupture d'un précédent cessez-le-feu conclu en novembre 2024. Cet accord antérieur n'avait jamais été pleinement respecté, miné par de multiples violations. La nouvelle médiation américaine, menée dans un climat de guerre plus large impliquant l'Iran, visait à enrayer un cycle de violence qui a déjà provoqué des centaines de morts et le déplacement de plus d'un million de personnes au Liban. L'implication personnelle de Donald Trump, qui a évoqué des conversations avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun, a imposé un agenda diplomatique rapide, bien que perçu par certains responsables israéliens comme une décision imposée par Washington.
Les réactions des principaux acteurs ont immédiatement souligné la complexité de la situation. Le Hezbollah a fait savoir, par la voix d'un de ses députés, qu'il respecterait la trêve avec prudence, à la condition expresse qu'Israël cesse toute forme d'hostilité, y compris les assassinats ciblés qui avaient émaillé la précédente accalmie. Du côté israélien, le Premier ministre Netanyahu a qualifié l'accord d'opportunité pour une « paix historique », tout en réaffirmant deux conditions non négociables : le désarmement du Hezbollah et le maintien d'une zone de sécurité de 10 kilomètres occupée par son armée au sud du Liban pendant la trêve. Le gouvernement libanais, par la voix du président Aoun, a remercié les efforts américains, mais a décliné l'idée d'une rencontre directe avec le Premier ministre israélien, illustrant les profondes divisions politiques internes.
Dès son entrée en vigueur, la fragilité du cessez-le-feu a été mise à l'épreuve. Des tirs de joie ont résonné dans Beyrouth, mais ont été rapidement suivis par des accusations mutuelles de violations. L'armée libanaise a dénoncé des bombardements israéliens sur des villages du sud, tandis que le Hezbollah a revendiqué des attaques en représailles à des mouvements de troupes israéliennes. Ces incidents soulignent l'extrême méfiance entre les belligérants et le risque permanent d'un nouvel embrasement. La population civile, épuisée par des mois de conflit, a accueilli la nouvelle avec un mélange de soulagement et de scepticisme.
Les prochains jours seront déterminants pour l'avenir de cette initiative diplomatique. L'enjeu principal sera de transformer cette pause militaire temporaire en une désescalade durable. Cela dépendra de la volonté des parties de respecter leurs engagements et d'avancer sur les dossiers de fond, notamment la souveraineté du Liban, la sécurité d'Israël et la question cruciale de l'arsenal du Hezbollah, conformément aux résolutions des Nations Unies. Donald Trump a évoqué la possibilité d'une rencontre à la Maison Blanche entre les dirigeants libanais et israélien, un sommet qui, s'il se concrétisait, marquerait une étape historique mais qui reste pour l'heure hautement improbable. La communauté internationale, qui a largement salué l'accord, observe attentivement si le silence des armes peut ouvrir la voie à de réelles négociations de paix.
Source: lemonde