Une association de presse reproche aÌ€ l'armeÌe israeÌlienne d'avoir manipuleÌ la photo d'un reporter tueÌ
16 avril 2026
Le 28 mars, Ali Shouaib, un journaliste libanais, trouvait la mort lors d'une frappe israélienne. Pour justifier cette attaque, l'armée israélienne a publié une photo du journaliste vêtu d'un uniforme du Hezbollah, avant de reconnaître qu’il s'agissait d'un photomontage.
L'Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) a accusé l'armée israélienne d'avoir utilisé une image manipulée pour discréditer un journaliste libanais tué lors d'une frappe israélienne. L'organisation, qui représente les correspondants de médias internationaux, a dénoncé la diffusion de ce qu'elle qualifie de « fausse » image, générée ou modifiée par intelligence artificielle, montrant le journaliste Ali Shouaib en uniforme du Hezbollah. La FPA a affirmé que, bien que l'armée ait par la suite publié une clarification, cette image n'aurait jamais dû être distribuée en premier lieu, soulevant des questions sur la crédibilité du matériel visuel fourni par les militaires.
Ali Shouaib, correspondant de la chaîne Al-Manar, affiliée au Hezbollah, a été tué le 28 mars lors d'une frappe israélienne sur un véhicule dans le sud du Liban. L'armée israélienne a revendiqué la frappe et la mort du journaliste, qu'elle a qualifié de « terroriste » opérant « sous le couvert d'un journaliste ». À l'appui de ses dires, elle a publié sur les réseaux sociaux une image composite. Celle-ci montrait Ali Shouaib avec son gilet de presse, dont une moitié était recouverte par une version modifiée de la même photo le dépeignant en uniforme militaire du Hezbollah, avec la légende : « Il s'avère que le gilet de presse n'était qu'une couverture pour le terrorisme ».
Face aux interrogations, un porte-parole de l'armée israélienne a reconnu que l'image originale avait été « éditée ». Il a admis auprès d'un média que la photo avait été « photoshopée », la qualifiant d'« illustration numérique » destinée à montrer qu'Ali Shouaib était un terroriste sous une couverture de journaliste. Le porte-parole a ensuite partagé une autre photographie, prétendument non éditée mais de qualité médiocre et floue, censée montrer le journaliste en treillis du Hezbollah. L'armée a soutenu qu'Ali Shouaib était une cible militaire approuvée par des conseillers juridiques, sans toutefois fournir de preuves concluantes de son affiliation à une branche militaire du Hezbollah.
L'incident s'inscrit dans un contexte plus large de méfiance entre les médias et l'armée israélienne. La FPA a déclaré qu'il est devenu courant que l'armée cherche à discréditer les journalistes et à semer le doute en diffusant des informations non vérifiées et des accusations sans preuves claires. Cette affaire de manipulation de photo ravive le débat sur la sécurité des journalistes dans les zones de conflit et sur la guerre de l'information qui se joue en parallèle des opérations militaires. Des organisations de défense de la presse rappellent que les journalistes, même s'ils travaillent pour des médias affiliés à une partie au conflit, bénéficient de la protection du droit international en tant que civils tant qu'ils ne participent pas directement aux hostilités.
Cette controverse pourrait entraîner un examen plus approfondi des pratiques de communication de l'armée israélienne et renforcer les appels à une plus grande transparence. Les organisations de défense de la liberté de la presse, comme le Comité pour la protection des journalistes, suivent de près le nombre élevé de professionnels des médias tués dans la région, considérant le conflit actuel comme le plus meurtrier pour les journalistes. L'utilisation d'images générées par IA pour justifier des actions militaires pourrait devenir un nouveau front dans la lutte contre la désinformation et la propagande, incitant les rédactions et le public à une vigilance accrue face aux contenus visuels fournis par les acteurs d'un conflit.
Source: france24_fr