Attentat de la rue des Rosiers en 1982 : l'un des principaux suspects remis à la justice française
16 avril 2026
Le Palestinien Hicham Harb, cerveau preÌsumeÌ de l'attentat contre un restaurant juif qui avait fait six morts rue des Rosiers, aÌ€ Paris, en 1982, a eÌteÌ remis jeudi aÌ€ la justice française. Son extradition par l'AutoriteÌ palestinienne a eÌteÌ salueÌe par Emmanuel Macron.
Près de quarante-quatre ans après l'attentat de la rue des Rosiers, l'un des principaux suspects a été remis ce jeudi à la justice française. Hicham Harb, un Palestinien aujourd'hui âgé de 72 ans, a été extradé par l'Autorité palestinienne à la suite d'un mandat d'arrêt international. Il est arrivé en France dans la soirée et a été pris en charge par les services antiterroristes, marquant une avancée majeure dans ce dossier longtemps resté dans l'impasse. Hicham Harb est soupçonné par les enquêteurs d'avoir été le superviseur du commando qui a ensanglanté le quartier du Marais à Paris en 1982. Son extradition représente un espoir immense pour les familles des victimes qui attendent que justice soit faite depuis des décennies.
Les faits remontent au 9 août 1982, en début d'après-midi. Un groupe armé avait pris pour cible le restaurant Jo Goldenberg, une institution du quartier juif historique de Paris. Le commando avait d'abord lancé une grenade à l'intérieur de l'établissement bondé, avant de progresser dans la rue en tirant avec des pistolets-mitrailleurs sur les clients et les passants. L'attaque, d'une violence et d'une rapidité extrêmes, avait duré moins de trois minutes, laissant derrière elle six morts et vingt-deux blessés. L'attentat avait provoqué une onde de choc en France et traumatisé durablement la communauté juive.
L'enquête s'est avérée longue et complexe. Les investigations ont rapidement attribué l'attentat au groupe Fatah-Conseil révolutionnaire (FCR) d'Abou Nidal, une organisation palestinienne dissidente et particulièrement violente. Cependant, pendant de nombreuses années, l'identification des auteurs et leur localisation sont restées des défis majeurs pour les juges d'instruction successifs, freinés par le manque de coopération de certains États où les suspects avaient trouvé refuge. Ce n'est qu'en 2015 que des mandats d'arrêt internationaux ont pu être émis contre plusieurs membres présumés du commando, dont les identités ont été révélées grâce à de nouveaux témoignages.
La remise d'Hicham Harb n'est pas la première avancée significative récente. En décembre 2020, la Norvège avait déjà extradé Walid Abdulrahman Abu Zayed, un Norvégien d'origine palestinienne soupçonné d'être l'un des tireurs du commando. Son arrestation avait permis une accélération de la procédure. Avec l'arrivée de Hicham Harb sur le sol français, ce sont désormais deux des principaux accusés qui sont à la disposition de la justice française, ce qui rend la perspective d'un procès de plus en plus concrète. La tenue de ce futur procès a d'ailleurs été confirmée en appel en novembre 2025, malgré les recours déposés par la défense d'Abou Zayed.
Dans les prochains jours, Hicham Harb devrait être mis en examen pour assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste. La coopération de l'Autorité palestinienne, saluée par les autorités françaises, a été déterminante dans ce dénouement. Cette extradition est une étape cruciale vers la résolution judiciaire de l'un des attentats antisémites les plus meurtriers commis en France. Elle ravive l'espoir des parties civiles de voir enfin les responsables de l'attaque de la rue des Rosiers répondre de leurs actes devant une cour d'assises, même si d'autres suspects sont toujours recherchés à l'étranger.
Source: france24_fr