Retour de la corrida de La Brède : « Le jour où ça ne toréera plus en Gironde, on n’y reviendra plus jamais »

16 avril 2026

Retour de la corrida de La Brède : « Le jour où ça ne toréera plus en Gironde, on n’y reviendra plus jamais »

Après une année 2025 marquée par une seule corrida en Gironde, le rendez-vous taurin de La Brède fera son retour en 2026. Derrière cette reprise, le modèle reste dépendant des aléas financiers et des évolutions

Après une année blanche en 2025, la corrida fera son retour à La Brède le 20 juin 2026, dans le cadre des traditionnelles Fêtes de la Rosière. Cette annonce met fin à une pause motivée par des impératifs économiques, la municipalité ayant jugé nécessaire de réévaluer le modèle financier de l'événement. Le retour du spectacle taurin dans cette commune de Gironde, l'une des deux dernières du département avec Captieux à maintenir cette pratique, ravive le débat local et national sur l'avenir de la tauromachie. La décision de reprendre les corridas souligne la détermination de ses partisans, tout en illustrant la précarité d'une tradition dont la survie ne tient qu'à un fil.

La situation de la tauromachie en Gironde est si fragile qu'elle a inspiré une déclaration forte au président du Département, Jean-Luc Gleyze : « Le jour où ça ne toréera plus en Gironde, on n’y reviendra plus jamais ». Cette phrase, prononcée lors d'un événement public, résume l'enjeu pour les défenseurs de la corrida dans la région. Contrairement à d'autres places fortes du sud de la France, la tradition taurine à La Brède est relativement récente, ayant été instaurée en 1997 sous l'impulsion du maire Michel Dufranc, fervent défenseur de la culture taurine. La commune, qui installe chaque année des arènes mobiles d'une capacité de 4 000 places, est devenue la ville taurine la plus septentrionale du pays, mais sans pouvoir se prévaloir d'un héritage séculaire.

L'organisation de la corrida est directement portée par la mairie, qui en assume le risque financier, un modèle qui a montré ses limites en 2025. Le maire, Michel Dufranc, également avocat pour l'Observatoire National des Cultures Taurines, est une figure centrale dans le maintien de cet événement annuel, faisant face à une opposition politique et citoyenne déterminée. Pour l'édition 2026, les organisateurs ont d'ores et déjà annoncé un cartel de matadors internationaux et des taureaux d'un élevage de Salamanque pour marquer cette reprise et attirer les aficionados du grand Sud-Ouest.

Cependant, chaque édition de la corrida à La Brède est accompagnée de manifestations d'opposants. Des associations de défense des animaux, comme le Comité Radicalement Anticorrida (CRAC), organisent des rassemblements pour dénoncer ce qu'elles considèrent comme un acte de cruauté envers les animaux. Ce clivage local s'inscrit dans un débat national plus large. Des propositions de loi visant à interdire la corrida sont régulièrement débattues à l'Assemblée nationale, reflétant une opinion publique majoritairement hostile à cette pratique, y compris dans les départements dits de "tradition taurine".

L'avenir de la corrida à La Brède semble donc suspendu à la volonté politique locale, à sa viabilité économique et à l'évolution des mentalités. Le retour en 2026 est une victoire pour les aficionados, mais la déclaration du président du département sonne comme un avertissement. Si la flamme de la tauromachie venait à s'éteindre en Gironde, faute de combattants, de moyens ou d'acceptation culturelle, il est probable qu'elle ne se rallumerait pas, laissant les arènes de La Brède définitivement silencieuses.

Source: sudouest

Publication

The World Dispatch

Source: World News API