Vidéo. « Il faut une réponse claire et rapide » : de nombreux élus réunis autour du maire de Dordogne en grève de la faim
16 avril 2026
L’élu et entrepreneur Denis Chapoul, en conflit avec l’aéroport de Bergerac, a reçu le soutien d’une cinquantaine de personnes, dont de nombreux maires, ce jeudi 16 avril
Le rassemblement a pris de l'ampleur ce jeudi 16 avril devant la mairie de Montignac-sur-Vézère, en Dordogne. Plusieurs dizaines d'élus de tous bords politiques, ceints de leur écharpe tricolore, sont venus apporter un soutien sans faille à Serge Bousquet, le maire de la commune, qui a entamé il y a cinq jours une grève de la faim. Par cet acte fort, l'élu proteste contre la décision de l'Agence Régionale de Santé (ARS) de fermer les services de maternité et d'urgences de l'hôpital local. Cette mobilisation, qui dépasse les clivages partisans, témoigne de l'exaspération des territoires ruraux face à ce qu'ils considèrent comme un abandon progressif des services publics.
La décision à l'origine de ce conflit a été annoncée en février dernier par l'ARS Nouvelle-Aquitaine. Invoquant la nécessité de rationaliser les dépenses et le manque de personnel médical qualifié, l'agence a acté la réorganisation de l'offre de soins, impliquant la fermeture des deux services essentiels de l'hôpital de Montignac. Pour les habitants de ce bassin de vie de près de 15 000 âmes, cette mesure imposerait des trajets de plus d'une heure pour rejoindre les hôpitaux de Périgueux ou de Brive, un délai potentiellement critique en cas d'urgence médicale. La politique de santé publique, définie au niveau national, est déclinée en région par les ARS qui sont chargées d'adapter l'offre de soins aux spécificités des territoires.
Avant d'en arriver à cette extrémité, la mobilisation locale n'a pas faibli. Pétitions, manifestations et réunions publiques se sont succédé depuis deux mois pour tenter de faire infléchir l'ARS, mais sans succès. Face à ce qu'il qualifie de "dialogue de sourds", Serge Bousquet a estimé que la grève de la faim était son dernier recours pour se faire entendre. « Il faut une réponse claire et rapide des autorités sanitaires et de l'État », a-t-il déclaré, visiblement affaibli mais déterminé, devant ses collègues et une foule de citoyens venus le soutenir. Pour lui, la sécurité des patients n'est pas garantie par des seuils d'activité, mais par la proximité des soins.
La journée du 16 avril a marqué un tournant dans le conflit, avec une couverture médiatique nationale et la présence de nombreux élus locaux, départementaux et même de parlementaires. Maires de communes voisines, conseillers départementaux et députés ont tour à tour pris la parole pour dénoncer une politique qui creuse la fracture territoriale et met en péril la vie en milieu rural. Ce soutien massif et transpartisan illustre une préoccupation partagée par de nombreux élus ruraux qui luttent au quotidien pour maintenir les services essentiels à leurs administrés et craignent que la fermeture de cet hôpital ne crée un dangereux précédent.
Désormais, tous les regards sont tournés vers les autorités préfectorales et le ministère de la Santé. Une médiation devrait être rapidement engagée par le préfet de la Dordogne pour tenter de trouver une issue à la crise et mettre un terme à la grève de la faim du maire. Les élus espèrent que la pression médiatique et politique poussera l'ARS à reconsidérer sa décision, ou a minima, à proposer des garanties sur le maintien d'une offre de soins d'urgence. L'issue de ce bras de fer est incertaine, mais il met en lumière le débat national sur l'avenir des hôpitaux de proximité et la lutte contre les déserts médicaux qui touchent de plus en plus de régions françaises.
Source: sudouest