« La page est tournée, je leur souhaite bonne chance » : Vincent Barraud quitte la présidence de l’Agglomération Royan Atlantique

16 avril 2026

« La page est tournée, je leur souhaite bonne chance » : Vincent Barraud quitte la présidence de l’Agglomération Royan Atlantique

Battu plus largement qu’il n’avait battu le maire de Royan Patrick Marengo en 2020, Vincent Barraud s’éclipse après un mandat

Une page se tourne à la tête de la Communauté d'Agglomération Royan Atlantique (CARA). Vincent Barraud, qui présidait l'intercommunalité depuis 2020, a été battu lors de l'élection interne du 16 avril 2026. C'est son rival de longue date, le maire de Royan, Patrick Marengo, qui a été élu pour lui succéder, marquant la fin d'un mandat caractérisé par des tensions persistantes entre la présidence de l'agglomération et sa ville-centre. Le score de 39 voix pour Patrick Marengo contre 21 pour le président sortant témoigne d'une volonté de changement parmi les 63 élus communautaires. En quittant ses fonctions, Vincent Barraud a sobrement souhaité « bonne chance » à la nouvelle équipe, signifiant ainsi la fin d'un chapitre pour le Pays royannais.

L'élection de Patrick Marengo est la revanche de celle de 2020. À l'époque, Vincent Barraud, le maire d'Étaules, avait créé la surprise en s'imposant face au maire de Royan. Son mandat de six ans, bien que tronqué par le calendrier électoral, a été marqué par un travail de fond sur des dossiers structurants tels que le Schéma de cohérence territoriale (Scot), le Plan local de l'habitat et le Contrat local de santé. Cependant, sa présidence a aussi été jalonnée de désaccords avec la ville de Royan, notamment sur des projets d'envergure comme la construction d'un nouveau siège pour la CARA, un projet évalué à 15 millions d'euros qui a finalement été abandonné, ou encore sur le « plan piscines ».

Les difficultés et les blocages sur ces dossiers majeurs ont alimenté un sentiment de travail inachevé, que Vincent Barraud a lui-même reconnu avec une certaine amertume, critiquant en filigrane un « art de la procrastination » qui aurait freiné l'avancée des projets. Ces tensions ont cristallisé le débat et ont sans doute pesé dans la balance lors du vote des élus. Pour sa part, Patrick Marengo n'avait pas caché son regard critique sur le bilan de son prédécesseur, évoquant un « immobilisme » et une « politique peu lisible » malgré des progrès dans certains domaines.

Le nouveau président, Patrick Marengo, a été élu sur la promesse d'impulser une « nouvelle dynamique » et de mettre en œuvre une nouvelle façon de travailler au sein de l'agglomération, sous le slogan « La Cara autrement ». Il a immédiatement constitué son équipe en faisant élire 15 vice-présidents, avec le maire de Médis, Éric Renoux, comme premier vice-président. Cette nouvelle configuration place la ville de Royan, qui ne comptait que deux vice-présidences dans la nouvelle équipe, en position de chef d'orchestre pour la politique intercommunale, une position qu'elle avait perdue en 2020.

Les défis pour la nouvelle présidence sont nombreux. Il s'agira de traduire en actes la volonté de changement et de faire avancer les dossiers stratégiques pour le territoire, notamment en matière de développement économique, d'urbanisme et de logement. La capacité de Patrick Marengo à rassembler les 33 communes de l'agglomération, au-delà des clivages passés, sera déterminante pour l'avenir du Pays royannais. Les prochains mois montreront si la nouvelle gouvernance parviendra à surmonter les anciennes divisions et à construire un projet de territoire plus fédérateur.

Source: sudouest

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The World Dispatch

Source: World News API